Awwwards
  • Heetch, victime collatérale d’une révolution inéluctable

L’économie du partage fait apparaître de nombreux cas où les particuliers rendent des services à d’autres particuliers. Cette économie est vigoureuse, populaire, sociale… et ne doit pas être freinée dans son expansion. Elle l’est pourtant désormais depuis la poursuite en correctionnelle des dirigeants de Heetch annoncée récemment, poursuite qui succède aux gardes à vue de nombre de ses chauffeurs au cours des derniers mois notamment au nom d’un éventuel non-respect de la loi Thévenoud.

 

Heetch est une jeune entreprise innovante, emblématique de l’économie collaborative qui fleurit parce qu’elle répond à un besoin. Ce besoin, c’est celui d’une offre de transport de nuit, sécuritaire, à bas coût, principalement destinée aux jeunes et notamment ceux de banlieue. Elle s’adresse à ceux qui ne prendront jamais de taxis parce que ces derniers sont trop onéreux, rechignent souvent à faire du Paris-banlieue et sont quasi-inexistants sur le banlieue-banlieue. Ce besoin, c’est aussi celui pour des particuliers d’amortir les coûts de de possession de leur véhicule personnel. Chauffeurs et passagers de Heetch appartiennent dans leur grande majorité à une même communauté : jeunes, aux faibles revenus, très souvent banlieusards, souhaitant sortir et faire la fête…

 

Heetch est ainsi une victime collatérale d’une révolution inéluctable bien plus grande qu’elle mais elle constitue, à sa petite échelle, un symbole. Ce contexte nous rappelle celui du débat violent qui avait entouré la polémique UberPop : les deux histoires sont un peu différentes quand on se penche sur leurs métriques économiques, mais proches quand on regarde les implications sociétales. Nous avions déjà réagi de la même manière, il y a quelques mois :  chez France Digitale, nous ne savons pas si l’activité d’Heetch et légale ou pas, nous savons juste que les pouvoirs publics devraient tout faire pour qu’elle le soit. Nous savons aussi que la voie judiciaire n’est pas la seule bonne solution pour cela.

 

Heetch a d’ailleurs des propositions intéressantes pour permettre à son activité et à toutes les autres de (co-)exister: notamment celle de différencier “particuliers non professionnels” et “indépendants professionnels”. Priver d’activité les “particuliers non professionnels” dans ce secteur de la mobilité constituerait un véritable obstacle au développement de l’économie du partage… et ne préfigurerait rien de bon pour le reste de l’économie collaborative.

France Digitale

 

PS : Au lieu de faire la grève contre ceux qui font la grève, Heetch et sa communauté feront la fête quelque part dans Paris ce samedi 30 janvier à 18H. Pour participer, c’est ici (https://www.facebook.com/events/1548145192171096/)

Retour aux actualités