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    Étape #7 de la consultation France Digitale - 21 juin 2016

Consultation animée par Olivier Mathiot, CEO PriceMinister Groupe Rakuten, Co-Président de France Digitale, et Marie Ekeland, Co-fondatrice de Daphni et Vice-Présidente de France Digitale. 

Avec la participation de :

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INVESTISSEMENT

L’investissement est une priorité pour le développement des startups françaises, la dette bancaire à elle seule ne peut assumer le financement des entreprises à forte croissance. Les Business Angels sont donc un des premiers leviers de financement. Néanmoins, les entrepreneurs français de New-York ont souligné la faible proportion de Business Angels en France. Aux États-Unis, les Business Angels, anciens entrepreneurs contribuant au financement de l’écosystème, apportent également une expertise fine aux jeunes startuppers. Cet aspect des Business Angel doit être davantage mis en lumière : développer les réseaux de Business Angel nécessite une simplification des procédures d’investissement. Le compte entrepreneur investisseur viserait ainsi à alléger la fiscalité d’anciens entrepreneurs et leur permettrait de réinvestir dans les jeunes entreprises.

Les startups françaises de New-York souhaitent d’autre part davantage de flexibilité concernant l’actionnariat salarié. Outil vecteur d’implication, de motivation des salariés, et des collaborateurs, l’attribution d’actions gratuites aux salariés étrangers doit pouvoir se faire de façon fluide pour les entrepreneurs. Simplifier la mise en place des dispositifs d’actionnariat salarié (actions gratuites, BSPCE) permettrait l’ouverture et le développement des entreprises françaises. Autoriser l’attribution de ces dispositifs aux doctorants étrangers renforcerait l’attractivité française, et offrirait des opportunités internationales aux entreprises. 

Autre mesure développée par les entrepreneurs basés à New-York : s’inspirer du statut de LLC (limited liability company). Ces sociétés bénéficient du régime de la transparence fiscale. Elles sont dotées de la personnalité juridique, et la responsabilité des associés est limitée.

Comment on arrive collectivement à gérer la transition économique et sociétale portée par le numérique ?

Marie Ekeland, Vice-Présidente de France Digitale, BFM Business, 23/06/2016

Pour voir l’interview de Marie Ekeland sur BFM Business, c’est ici !

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RELATIONS GRANDS GROUPES – STARTUPS 

Les entrepreneurs de New-York déplorent les délais de paiement des grands comptes français, qui s’élèvent à 90 jours. Leur expérience aux Etats-Unis montre que ces délais sont réduits du fait de pénalités imposées. Au delà de 60 jours, une pénalité de 1,5% de la facture s’impose sur chaque jour. Une autre proposition a émergé : s’inspirer de la mesure américaine du « rating » des délais de paiement des grands groupes à la manière du rating S&P. Avec un tel rating affiché, il y aurait une amélioration considérable de la stabilité des startups, qui font face à des problématiques de trésorerie importante.

Les grands groupes du CAC40 devraient s’engager avec les startups en leur allouant un budget afin de les aider dans leur développement commercial, et en apportant des conseils pour s’élargir à l’international. Ce dispositif serait favorable aux deux parties : transferts de technologies et conquêtes de nouveaux marchés. Dans la même optique, un certain pourcentage du chiffre d’affaires des grands groupes doit être dédié au rachat de startups, ce système favoriserait les sorties des startups en France, et pas uniquement à l’international.

Les grands groupes français pâtissent d’un manque important d’esprit novateur, les conseils d’administration ont intérêt à y intégrer des entrepreneurs. Cette démarche bénéficierait aux CAC40 en termes de croissance et de soutien aux startups.

AIDE À L’INNOVATION 

L’État a mis au point deux dispositifs pour aider les jeunes entreprises innovantes : Le JEI et le CIR. Ces deux dispositifs sont reconnus comme nécessaire, néanmoins ils auraient besoin d’être ajustés, comme l’ont confirmé les entrepreneurs de New-York. Plusieurs recommandations ont été évoquées. La plus importante d’entre elles concerne le Crédit Impôt Recherche. L’ensemble des entrepreneurs souhaiterait que le CIR s’applique au mois et non au titre de l’année.

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ÉDUCATION

Le thème de l’éducation est un sujet récurrent, et une problématique majeure pour les entrepreneurs. D’après leur expérience, l’aversion au risque est intrinsèquement liée au système éducatif français. Le système scolaire américain offre la possibilité aux étudiants de créer une société en parallèle, se base sur la confiance, et le travail d’équipe. L’esprit d’entreprendre, le goût du risque sont favorisés par cette philosophie. Des initiatives comme l’association 100 000 entrepreneurs qui intervient dans les écoles, collèges et lycées sont à renforcer et à développer.

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DROIT DU TRAVAIL 

Les entreprises ayant un fort taux de croissance connaissent de réelles difficultés en termes de ressources humaines. Agilité et adaptation sont fondamentaux, or les entrepreneurs de New York soulignent que le code du travail ne coïncide pas avec ces besoins d’agilité. Le nombre excessif de contrats,  et leur rigidité, peuvent être un frein à leur développement. Proposer un contrat spécifique pour les startups, en imposant des seuils (exemple : accessible pour les entreprises ayant moins de 8 employés) favoriserait cette agilité, en limitant les abus. En parallèle, les cotisations sociales s’avèrent trop élevées pour les entrepreneurs, instaurer un plafond des cotisations en s’inspirant du modèle allemand serait favorable à l’emploi, et à l’activité.

En France, les seuils sociaux et les obligations qui en découlent peuvent avoir des effets pervers. La France est championne du mondes des entreprises à 49 salariés.” Les entrepreneurs français de New York émettent une proposition: : augmenter la durée pendant laquelle on dépasse le seuil (12 mois pleins à date) et simplifier la mise en conformité. Une fois encore, les entrepreneurs appellent l’administration à agir comme conseiller et non comme un contrôleur.

Par ailleurs, dans chaque consultation menée par France Digitale, la problématique du statut d’entrepreneur fut soulevée. La protection sociale n’est pas assez forte pour ces talents et ces personnes qui prennent des risques.

MODERNISATION ET AGILITÉ ADMINISTRATIVE

L’État est aussi acteur dans le changement numérique, les startups new-yorkaises ont noté la nécessité d’entreprendre plus rapidement cette conversion. Plusieurs propositions ont été émises : continuer de développer les services administratifs en ligne, simplifier les démarches administratifs grâce aux outils numériques. Les institutions françaises doivent prendre la mesure du changement par le numérique : le Chief Digital Officer instauré par Obama à la Maison Blanche est un exemple même de l’agilité de l’administration américaine dont il faudrait s’inspirer. L’État doit aussi actionner son changement et sa mutation en ce sens. La séparation accrue entre le privé et le public en France engendre des retards significatifs et ne permet pas cette agilité si reconnue aux Etats-Unis.

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