IPO : les clés du succès

On a assisté pour vous à la conférence organisée par le Ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance le 13 décembre dernier. On vous livre ici les clés du succès des IPO pour la French Tech 👇

Ce qu’en dit Cédric O, Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique

Selon lui, 3 critères combinés expliquent ces succès français et européens :

  • Une volonté collective de l’ensemble des acteurs du système de faire réussir la France et l’Europe sur les IPOs ;
  • Une forme de « sens de l’histoire » : les IPOs récentes sur le marché US n’ont pas forcément été des réussites, et cela revalorise les marchés parisiens. Il souhaite que l’on pousse encore davantage pour un « marché startups sur le seuil européen, et idéalement à Paris » ;
  • Un fort engagement de l’État pour déverrouiller les IPOs et avoir une approche la plus pragmatique possible. « Parmi les sujets qui bloquent encore, on retrouve la nécessité de mieux anticiper les volontés de développement des startups, et de davantage se parler entre acteurs. On a une vraie opportunité à 5 ans, et les choses iront plus vite qu’on ne le croit ».
Un groupe de travail de Paris Europlace a été créé pour rendre la Place de Paris la plus compétitive possible pour les futures IPOs, avec de nouveaux modes de levée de fonds encouragés (notamment les SPAC).

Sophie Javary, Vice-Chairman CIB EMEA à BNP Paribas, restitue les travaux du groupe.

Elle a souligné l’évolution positive de l’écosystème de la Place de Paris depuis plusieurs années, avec la progression des introductions en Bourse au cours de la période récente (comme HRS, Believe, Affluent Medical, Aramis, OVH). D’ici 2025, de 20 à 30 IPOs supplémentaires pourraient être lancées par les sociétés de la French Tech (elle cite notamment ManoMano et Mirakl).

Après plus de 50 entretiens menés avec des investisseurs et des sociétés cotées, le groupe de travail a publié en juin dernier un rapport avec 40 recommandations.

Principaux axes

  • Renforcer la position des Investisseurs en Actions de Croissance de la Place de Paris, dont le rôle est clé :
    • en particulier, développer les fonds « cornerstone » – investisseurs « piliers » qui s’engagent a priori au moment des levées de capitaux et « crossover » – qui accompagnent dans la durée les sociétés en forte croissance -, et encourager les investisseurs institutionnels (assurances, banques, caisses de retraite, sociétés de gestion) à participer plus activement aux IPOs.
  • Développer l’investissement ESG sur la Place de Paris et en faire bénéficier les entreprises émettrices : la finance durable en Europe représente en 2020 7% des encours (deux fois plus qu’en 2018) et 42% des flux nets (contre 20% en 2018) sous gestion.
  • Consolider l’attractivité du cadre réglementaire et fiscal de la Place de Paris, et la stabilité fiscale de la France.
    • Il est notamment proposé en matière de fiscalité la déductibilité des frais d’introduction en bourse et d’augmentation de capital.
    • En matière de droit des sociétés, le rapport propose aussi le lancement d’une initiative européenne « de type Small Business Act », afin d’alléger les obligations incombant aux petites entreprises, cotées ou non, notamment en matière de composition des conseils d’administration et de publications d’informations relatives aux rémunérations.
    • Il est aussi proposé d’autoriser les actions de préférence avec droits de vote multiples.
  • Valoriser au plan international les réformes récentes nombreuses du fonctionnement de la place de Paris.

Sophie Javary a également annoncé la mise en place d’une task-force avec Paris-Europlace en 2022 (dans la continuité du groupe de travail), qui va principalement se concentrer sur les thématiques suivantes

  • Renforcer les rôles des investisseurs domestiques ;
  • Développer les fonds « crossover » ;
  • S’engager dans la création de nouveaux segments de « tech premium » ;
  • Réfléchir sur les opportunités de renforcer la « tranche retail » des IPOs à l’avenir (partie de l’IPO exclusivement réservée aux investisseurs particuliers) ;
  • Améliorer l’attractivité réglementaire sur les SPAC ;
  • Assurer la stabilité réglementaire et fiscale de la France.
Yann Leca, Directeur Financier d’OVHcloud, a fait un retour d’expérience sur leur IPO. 
Selon lui, les principaux critères de succès d’une IPO sont les suivants :

  • une bonne préparation et anticipation (notamment en impliquant les équipes – 98% des salariés éligibles d’OVHcloud sont aujourd’hui actionnaires via un plan d’épargne entreprise) ;
  • un choix cohérent avec le développement de la société (en l’occurrence pour OVHcloud, un objectif affiché d’accélération de sa croissance et un renforcement important de sa visibilité internationale : consolider sa position de leader européen, tout en poursuivant son expansion en Amérique du Nord et en Asie) ;
  • l’importance d’intégrer les sujets ESG dans son IPO.

Il souligne quelques pistes d’amélioration à encourager en 2022 pour les services de Bercy :

  • la capacité des marchés européens à attirer de nouveaux investisseurs étrangers (par rapport au NASDAC) – « les IPOs ‘locales’ en Europe sont encore trop vues comme un déclassement par rapport au NASDAC ».
  • Le manque de « pool de capital de croissance en Europe » pour accompagner les entreprises dans leurs IPOs.