La France passe à l’ère du quantique

Il y a deux mois, France Digitale alertait sur l’urgence pour notre pays de se doter d’une stratégie quantique.  

Hier, le Président de la République a dévoilé un plan d’investissement de 1,8 milliards d’euros.

Il existe trois bonnes nouvelles et deux points de vigilance :

1. Nous sommes le seul pays dont le plan quantique est annoncé par un Président, et non par un Ministre ou une autorité administrative. Ce portage politique au plus haut niveau est signal fort et marque l’ambition de la France en la matière.

2. La stratégie présentée n’est pas un fourre-tout. Une priorité claire se dégage : la France met l’accent sur l’ordinateur quantique.

3. L’équilibre entre capital humain et capital financier est pertinent : D’un côté un effort massif sur la formation universitaire avec dans le même temps 130 millions d’euros mobilisés par la BPI en fond de fonds.

4. L’argent public sert à initier, mais les grands groupes devront enclencher eux aussi le mouvement. Les opérateurs télécoms passent notamment beaucoup de temps sur la 5G et sous investissent le quantique.

5. La France peut beaucoup, mais ne peut pas tout. Si nous voulons faire jeu égal avec la Chine et les US, il nous faut décliner cette stratégie au niveau continental en 2022 lors de la présidence française de l’UE.

 

Déclinaison du plan : 

 

L’enveloppe annoncée par le président de la République regroupe à la fois les efforts de l’État et des organismes affiliés (1,05 milliard d’euros) mais aussi des crédits européens (200 millions d’euros) et ceux du secteur privé (550 millions).

 

La France passera ainsi « de 60 millions d’euros par an » de dépenses publiques pour le quantique à « 200 millions par an, ce qui la placerait à la troisième place derrière les Etats-Unis et la Chine », selon un conseiller de l’Elysée, qui chiffre, par exemple, à 400 millions de dollars l’effort public annuel des Américains.

 

Dans le détail, le plan français prévoit de consacrer une enveloppe de près de 800 millions d’euros aux seuls ordinateurs, qu’il s’agisse des premières machines devant voir le jour (simulateurs et machines partiellement quantiques, 350 millions d’euros), ou bien de celles qui apparaîtront à plus long terme (ordinateurs quantiques à part entière, 430 millions d’euros).

 

Bourses de thèse et contrats post-doctoraux :

 

Les autres enveloppes seront consacrées aux capteurs (250 millions d’euros), à la cryptographie post-quantique (150 millions d’euros), aux communications quantiques (320 millions d’euros) et aux technologies annexes qui permettent de construire les équipements quantiques (cryogénie par exemple, 300 millions d’euros).